
Avec plus de 1000 femmes violées par jour, la République démocratique du Congo (RDC) est considérée comme «la capitale du viol». Dans l’ex-Congo belge, le sexe de la femme y est utilisé comme arme de guerre, dans l’indifférence générale. Pour remédier à ce drame humanitaire, une marche de 14 jours, baptisée «Ni Violées Ni Persécutées» débute ce jeudi à Paris pour arriver à Bruxelles,
La date est symbolique. Le 30 juin est en effet la journée de l’indépendance de la République Démocratique du Congo (RDC), acquise en 1960. Ce jour-là, à 10 heures, rendez-vous est donné au Trocadéro par l'Action des Journalistes de l'Espace Schengen (AJES), en partenariat avec l'association Ni Putes Ni Soumises (NPNS), pour débuter une marche qui mènera les participants à Bruxelles, où une plainte pour crimes de guerre sera déposée au Tribunal de grande instance -qui se fait le relais de la Cour Pénale Internationale (CPI)- pour les viols et mutilations perpétrés de manière systématique en RDC depuis 14 ans. Dans le détail, les manifestants, composés de la diaspora congolaise en France, de militantes féministes, de politiques et de leaders d’opinions, se retrouveront sur le parvis des droits de l’Homme (Paris XVIe). Ils passeront par 14 villes*, pour arriver 300 kilomètres plus tard dans la capitale belge, le 14 juillet. L’objectif de cet événement: faire naître une prise de conscience générale, mais surtout des politiques, pour qu’à terme un Tribunal pénal international (TPI) soit créé et mandaté par l’ONU, à l’image de ce qui s’est fait au Rwanda ou en ex-Yougoslavie. «On espère faire marcher 2000 personnes», a indiqué à ParisMatch.com Gabrielle Apfelbaum, directrice de la Communication de NPNS. Marie Inyongo, présidente de l’AJES, table même sur 3000. «Surtout à Bruxelles, le Congo étant une ancienne colonie belge, de grosses délégations nous attendent ; les associations, les politiques sont mobilisés», s’est-elle réjouie. «Ça a été un véritable défi, renchérit Gabrielle Apfelbaum, les délais étant courts. Ça a été difficile de mobiliser les élus.» La marche, baptisée «Ni Violées Ni Persécutées», passera notamment par Valenciennes (Nord), fief de Jean-Louis Borloo qu’elles espèrent rencontrer. «On espère qu’il s’exprimera sur la question», a souligné Gabrielle Apfelbaum.
Pourquoi une marche ? «Pour symboliser ces femmes condamnées à marcher, pour fuir leurs villages d’où elles sont chassées» après ces viols, et ce dans des conditions très difficiles, sous la chaleur et sans vivre, nous a dépeint la militante. «C’est une procession», confirme Marie Inyongo. «Pour représenter ces femmes qui marchent, contraintes de s’ostraciser à cause de ces crimes de guerres. Car le viol est une véritable arme de guerre au Congo, dénonce-t-elle. Depuis une 1996, les miliciens se servent de l’agression sexuelle pour les faire partir de certaines régions –car derrière, il y a l’enjeu de la balkanisation du pays.» La durée de l’événement, et le nombre de kilomètres parcourus, symbolise, eux, «la longueur de cet état de guerre, la pénibilité de la vie des survivantes, l’horreur de leur quotidien, elles qui sont mutilées, répudiées, endeuillées, contraintes au mieux à l’exode… au pire à la torture et la mort», insiste Marie-Anne Soubré M Barki, porte de parole du mouvement NPNS dans le dossier de presse. «Il vaut mieux être morte que d’être victime d’un viol commis l’APR (Armée Patriotique Rwandaise), par les FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) et leurs alliés, car cet acte constitue la pire des humiliations humaines», avait confié un membre de l’ethnie nianga, majoritaire dans la région du Nord-Kivu, aux agents de l’ONU lors d’une étude effectuée en septembre 2010.
L'indescriptible horreur
Silem Habchi, présidente de NPNS, s’est rendue en février dernier à Bukavu, a rencontré le Dr Denis Mukwege, gynécologue-obstétricien, qui dirige l’hôpital Panzi. «J’ai alors pu me rendre compte de la réalité insupportable de ces femmes», a-t-elle relaté à AfrikArabia. «On ne peut pas raconter ce qu’on voit.»où une plainte sera déposée.
Notre pays vraiment il va mal dans tous le domaine.Nous qui sommes à l'étranger somme beaucoup toucher par le deroulement de la politique congolaise.
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